Edito

Vous êtes de plus en plus nombreux à prendre le chemin du théâtre au fil des saisons : le nombre d’abonnés a doublé en quatre ans, dépassant le seuil symbolique de 1000 en 2015-2016. Votre confiance et votre fidélité honorent nos engagements et nous sommes heureux que notre exigence de qualité s’accompagne aujourd’hui de votre exigence de spectateur, l’œil affuté et l’esprit critique.
Autant dire que la construction de cette cinquième saison a été un véritable défi ! Il aurait été tentant de céder à la brillance d’affiches médiatiques, mais la lumière dont sont porteurs les artistes n’est pas faite pour éblouir : en révélant la nature humaine dans ses profondeurs, les artistes éclairent nos consciences et nous rendent sensibles au monde qui nous entoure. Par-delà les apparences, le spectacle vivant touche à l’essentiel. Lorsqu’une salle se lève comme un seul homme, unie par l’émotion et la beauté du geste, l’art a la faculté inestimable de relier les gens entre eux.
En cela, les castels de Catalogne nous inspirent : des tours humaines comme un symbole du vivre ensemble. Les uns se lient aux autres, soudés et solidaires, formant des cordages de bras noués dans le seul but de s’élever en hauteur.

Je remercie sincèrement les élus de la ville d’Andrézieux-Bouthéon pour leur engagement resté intact et qui nous permet d’exercer notre travail en toute confiance. Ce n’est pas le cas partout, loin de là. Il est regrettable que des décideurs malmènent notre héritage culturel, lui qui a pourtant forgé notre démocratie actuelle. Secouée par les événements qui se sont déroulés en France et en Belgique, et malgré les indignations d’un peuple debout, notre époque reste marquée par un repli sur soi généralisé. La raison n’est-elle pas suffisante pour soutenir les repères essentiels que sont les salles de spectacles et faire face aux obscurantismes ?

Cette nouvelle saison s’inscrit dans la continuité des précédentes, les choix opérés faisant appel à l’excellence artistique et l’éclectisme. L’accent est toujours mis sur le théâtre, pour (ré-)entendre les auteurs d’hier et ceux d’aujourd’hui. Notre équipe reste mobilisée aux côtés des compagnies du territoire, telles le Collectif 7, la Cie Lalalachamade, celle des Lumas. Nous portons toujours une attention particulière à la danse : nous nous associerons ainsi pour deux saisons à François Veyrunes et sa compagnie 47•49, dont le langage chorégraphique est une belle découverte. Enfin, la saison continue de laisser une grande place aux spectacles ouverts à toute la famille et sachant s’adresser particulièrement aux jeunes générations.

Chaque maillon d’une chaîne a son importance. Un seul lâche, et c’est une tour qui s’effondre. Tous restent soudés, et c’est la joie qui circule.

Belle saison à toutes et à tous.

Patrice Melka