Édito

Vous nous avez dit en toute sincérité avoir apprécié la programmation dernière : les témoignages de sympathie ont été nombreux à notre égard. De notre côté, vous nous épatez toujours plus par votre curiosité et votre engouement. La fierté d’avoir construit des ponts, d’avoir semé des graines, nous la partageons avec les artistes.

La confiance des élus à nos côtés ne s’est jamais démentie. Leur engagement est resté intact, à l’heure où d’autres responsables publics font le choix budgétaire de mettre à mal l’art et la culture. Ce n’est pas la culture qui coûte cher, mais son déni. Préserver l’héritage de la décentralisation théâtrale devrait rester un impératif de toute part.

Il est dit qu’il faut finir ce que l’on a commencé. Un cycle de trois années s’achève, trois saisons où nous avons eu la sensation de remplir notre mission de service public. Un service que nous avons imaginé comme un plaisir simple, celui de prendre du temps et de la liberté pour nourrir sa conscience et renforcer son esprit critique.

Nous voilà donc repartis. L’esprit reste le même, éclairé par un regard amusé et curieux sur le monde, mais aussi précautionneux, comme l’artisan devant un nouvel ouvrage. La plaquette se transforme et se fait le symbole d’un renouvellement.

On n’a jamais fini de commencer… à se surprendre soi-même.

Il a fallu faire un travail d’alchimiste pour relever, de nouveau, le défi de la qualité pour la saison 2015-2016. Celle-ci invite subtilement à des parcours de spectateurs qui touchent toutes les générations et répondent aux sensibilités de chacun. Elle trouve l’équilibre avec des noms connus qui attisent l’envie, Carolyn Carlson, Robin Renucci, Arthur H et Richard Bohringer… et des formes plus innovantes, comme Passion(s), Bleu violon, ou encore le projet Festum, dont l’écriture s’inspire des vies de notre ville.

La programmation interroge de façon transversale des thématiques de la société contemporaine. Celles de la solitude et de la cohabitation des individus, avec Bigre et le spectacle Quien Soy ? pour ne citer qu’eux ; la thématique de l’argent et de son pouvoir, avec la présence du Faiseur et de La Visite de la vieille dame. Les expressions des cultures urbaines ont enfin leur semaine dédiée avec, en temps forts, Résistances et Médina Mérika.

Le Théâtre du Parc est une source de rayonnement dans la ville, où les mondes du sensible et du réel se côtoient. Il est un privilège offert à tous, sans distinction. Tout du moins, à ceux qui font acte de s’en saisir.

La route est ouverte pour un nouveau tour de cycle.

Patrice Melka